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Définition du mal logement

En 2016, 3.6 millions de personnes sont considérées comme mal-logées et 12 millions de personnes touchées de près ou de loin par la crise du logement

Il n’y a pas de définition internationale pour expliquer ce qu’est le mal-logement. Chaque pays a ses propres critères selon son histoire, ses codes sociaux, sa situation économique etc.

En France, la Fondation Abbé Pierre a largement contribué dans l’apport d’éléments pour définir ce qu‘est le mal logement. Pour elle, le mal logement se traduit à travers cinq manifestations essentielles :

- l’absence de domicile personnel

- les mauvaises conditions d’habitat

- les difficultés pour accéder à un logement

- les difficulés pour s’y maintenir

- les blocages de la mobilité résidentielle.

L’absence de domicile personnel est la forme la plus criante du mal logement. Elle concerne :

  • les personnes sans abri
  • les personnes hébergées chez des tiers ou la famille
  • les personnes hébergées dans les établissements sociaux
  • les personnes habitant dans un lieu non conforme : squats, bidonvilles, terrains de camping…

La lutte contre le mal logement se caractérise aussi par la lutte contre de mauvaises conditions d’habitat. Dans un contexte de crise du logement, de nombreuses personnes acceptent de vivre dans des conditions inconfortables et indignes. Selon le 21ème rapport de la Fondation Abbé Pierre, 2 090 000 personnes vivent dans des logements privés de confort. Ces logements ne présentent pas le confort sanitaire nécessaire,  de chauffage central, de coin cuisine et ont des aspects extérieurs dégradés (fissures, installation électrique défectueuses, humidité etc.).  

De nombreux français ont des difficultés pour accéder à un logement. Le marché de l’immobilier étant un marché très sélectif, les critères pour sélectionner les dossiers deviennent très restrictifs. Les jeunes, les familles monoparentales, les ménages aux faibles revenus, ne parviennent pas à trouver un logement leur correspondant. D’autant plus que le parc HLM ne peut plus satisfaire toutes les demandes.

La difficulté de conserver son logement est une dimension importante du mal logement car elle se peut se solder par une expulsion. Les difficultés financières, la perte d’un emploi, le décès du conjoint ou un divorce sont d’autant d’évènements qui fragilisent de nombreux ménages et rendent difficile le maintien dans le logement. Il faut aussi ajouter l’augmentation des couts liés au logement de plus en plus lourds pour les ménages.

La mobilité résidentielle est un axe peu connu du mal logement. Les difficultés d’accès à la propriété entrainent un blocage du parcours résidentiel. En effet, le nombre de ménages sortant du parc social vers l’accession à la propriété a baissé de 27% de 2002 à 2013.

L’absence de logement personnel, les mauvaises conditions d’habitat, les difficultés pour accéder et se maintenir dans un logement et enfin les blocages de la mobilité résidentielle sont d’autant d’indices permettant de caractériser le mal logement.