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Le mal-logement : définition, causes et solutions

Le mal-logement : définition, causes et solutions

Qu'est-ce que le mal logement ?

Le mal logement désigne toutes les situations dans lesquelles une personne vit dans un logement indécent, insalubre, surpeuplé, ou en est totalement privée. Il n’existe pas de définition universelle, mais en France, cette notion s’appuie sur des critères légaux et sociaux.

En France, l’article 6 de la Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 définit, le premier, quels sont les critères attendus d’un logement décent. Parmi eux, la surface minimale habitable, des critères en matière de santé et de sécurité des personnes, et depuis le 1er janvier 2023 un nouveau critère de décence énergétique.

La Fondation pour le Logement des Défavorisés a largement contribué dans l’apport d’éléments pour définir la notion de mal logement. Selon elle, le mal-logement se traduit notamment au travers de cinq manifestations essentielles :

  • L’absence de domicile personnel
  • Les mauvaises conditions d’habitat
  • Les difficultés pour accéder à un logement
  • Les difficultés pour s’y maintenir
  • Les blocages de la mobilité résidentielle

Pour la première fois en 2025, dans son 30ème rapport sur l’état du mal-logement, la Fondation ajoute une sixième forme de mal-logement : l’inadaptation du logement au handicap.

La Fondation pour le Logement publie en 2026 son 31e rapport sur l’état du mal-logement en France (REML 2026).

Qui est concerné par le mal logement ?

Le mal logement peut toucher des personnes de tous âges et de toutes origines, mais il frappe particulièrement les personnes sans logement les plus vulnérables et les plus fragiles de la société. Ce sont aujourd’hui plus de 4,2 millions de personnes qui sont considérées comme mal-logées en France, en situation de précarité et 12 millions de personnes touchées de près ou de loin par la crise du logement en France (copropriétés en difficulté, locataires en impayés, surpeuplement modéré, personnes en situation de précarité énergétique ou d’effort financier excessif).

L’INSEE distingue trois grandes catégories de situations dans lesquelles les personnes se trouvent « privées de logement ou de confort » :

Les catégories de situation de mal logement selon l'insee : personnes sans abris, personnes hébergées, personnes vivant dans un logement privé de confort
  • Les « sans domicile » : en France, 350 000 personnes se trouvent sans-abri ou vivant dans un lieu non conforme (squats, bidonvilles, abri de fortune, terrains de camping…)
  • Les « autres situations sans logement personnel » : hébergement en hôtel, dans les établissements sociaux (foyer, institution, centre d’hébergement) ou contraint chez une tierce personne ou un proche (643 000 personnes hébergées chez des tiers)
  • 2 819 000 personnes vivant dans un logement privé de confort matériel (coin cuisine et sanitaire non adapté, accès à l’eau courante ou les sanitaires, immeuble insalubre ou hébergement avec des problèmes de moisissure, ventilation, chauffage, humidité, isolation, etc.) ou vivant dans un logement surpeuplé.

En savoir plus la différence entre SDF et sans-abris dans notre vidéo dédiée.

Il peut s’agir de personnes :

  • Ayant des revenus modestes ou précaires font face à des difficultés à trouver un logement décent et abordable.
  • Isolées ou familles (très souvent monoparentales) en situation de grande pauvreté ou de précarité logement en France, qui ont des difficultés à accéder à un logement décent et stable.
  • En situation administrative irrégulière, comme les migrants et les réfugiés.
  • Victimes de violences et de discrimination, comme les personnes victimes de la traite (prostitution, travail forcé), les femmes battues, les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle…
  • Âgées ou en situation de handicap : Les personnes âgées ainsi que les personnes en situation de handicap moteur, sensoriel, psychique ou mental sont, elles aussi, confrontées à des difficultés pour accéder à un logement adapté à leurs besoins.
  • Jeunes : Le logement pèse lourdement dans le budget des étudiants. Les jeunes peinent à trouver des logements décents à des prix abordables. Près d’1/3 d’entre eux sont en situation de mal logement d’après le dernier rapport de la FAGE.

D’après l’enquête auprès des bénéficiaires de minima sociaux 2018 de la DREES, les bénéficiaires du minimum vieillesse et de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) disposent moins souvent d’un logement ordinaire autonome du fait de leur âge, handicap ou problème de santé. Les bénéficiaires du minimum vieillesse sont, par ailleurs, les plus concernés par l’absence de confort sanitaire de base et il devient urgent d’adapter le logement des personnes âgées.

Selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés, plus de 20% de la population française se trouve actuellement mal-logées ou fragilisées par rapport à la politique logement en France.

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Quelles sont les conséquences du mal logement ?

Cette situation peut avoir de graves conséquences sur la vie et la santé des personnes qui en sont victimes. Par exemple :

  • Les problèmes de santé : Les personnes mal-logées peuvent être exposées à des conditions de vie dans des logements insalubres qui peuvent causer des problèmes de santé, tels que des allergies, des infections respiratoires, des maladies cardiovasculaires ou des maladies mentales… L’accès à un logement décent est un droit fondamental et un déterminant de santé majeur, reconnu comme tel par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière estime que chaque année 130 000 décès sont liés à des conditions de logement en France inadéquates, notamment en période de grand froid ou de forte canicule.
  • L’isolement social : Les personnes mal-logées peuvent se sentir isolées de leur communauté en raison de leur situation de logement. Cela peut avoir des conséquences négatives sur leur bien-être mental et leur qualité de vie. Par exemple, le fait d’habiter dans un logement dégradé entraîne un processus de stigmatisation, de dégradation sociale et de perte d’estime de soi. La mauvaise qualité de l’habitat ou encore sa suroccupation ont des effets négatifs sur la santé mentale.
  • Les conséquences sur l’éducation : Les enfants vivant dans des conditions de logement précaires peuvent avoir des difficultés à se concentrer à l’école en raison du stress et de l’insécurité de leur environnement. Cela peut entraîner des conséquences négatives sur leur parcours scolaire et leur avenir.
  • Les problèmes de sécurité : Les personnes mal-logées peuvent être exposées à des risques de sécurité, tels que l’incendie ou le vol, en raison des conditions de logement précaires.

Quelles sont les causes du mal logement ?

Le mal logement résulte d’un ensemble de facteurs économiques, sociaux et environnementaux :

  • Tout d’abord, le prix de l’immobilier : Les prix élevés des loyers et de l’immobilier en général contraint les populations à vivre dans des logements indignes et surpeuplés. La spéculation immobilière ainsi que les logements de tourisme en zones de forte activité touristique au détriment de logements pour les populations locales rendent le marché immobilier encore plus tendu et l’accès au logement plus difficile.

Depuis le début des années 1960, le poids de la dépense de logement dans l’ensemble des dépenses de consommation des ménages est passé de 11 % à 27,8 % en 2021, soit plus du double. La situation du logement en France est donc de plus en plus préoccupante.

  • Des logements sociaux insuffisants : bien que réservés aux personnes les plus précaires, l’offre reste insuffisante par rapport à la demande et les listes d’attente sont souvent longues.
  • Les crises nationales et internationales : Les crises successives de ces dernières années (économiques, énergétiques, militaires) ne font qu’amplifier la tension sur les ménages. Avec une augmentation des flux migratoires nationaux et internationaux, mais aussi une hausse des coûts de liés au logement (énergie, matières premières…), ces crises ont un impact sur la demande de logements et sur le pouvoir d’achat des ménages, ce qui peut rendre difficile l’accès à un logement décent et son maintien.
  • Des événements inattendus : en plus des difficultés financières, des événements naturels plus violents liés au réchauffement climatique (incendies, inondations, orages…), la perte d’un emploi, le décès du conjoint ou un divorce sont autant d’événements qui fragilisent de nombreux ménages.

Comment lutter contre le mal logement ?

La lutte contre cette situation précaire est un enjeu crucial pour la qualité de vie et la santé des personnes concernées, ainsi que pour favoriser l’inclusion sociale et la cohésion territoriale.

Une approche globale est nécessaire dans la mesure où sont impliqués différents acteurs : les pouvoirs publics, les acteurs associatifs et du logement social, les professionnels de l’immobilier et la société civile. En effet, lutter contre cette situation nécessite à la fois de construire de nouveaux logements, de rénover ou adapter les logements actuels pour de meilleures conditions de vie mais également d’accompagner les personnes en difficulté vers l’accès à un logement décent et de favoriser les liens sociaux.

Cette lutte passe bien évidemment par des politiques publiques fortes qui permettent la création de logements, incitent et favorisent la rénovation des logements précaires. Les pouvoirs publics peuvent par exemple encourager la construction de logements sociaux pour répondre aux besoins des personnes ayant des revenus modestes ou précaires, encadrer le marché de l’immobilier, mettre en place des mesures favorisant la rénovation des passoires énergétiques ou améliorant les normes de sécurité, santé et d’accessibilité.

En 2023, la notion de logement décent rentre dans les critères permettant la location d’un appartement ou une maison.

La lutte contre le mal-logement s’organise également autour des acteurs du logement social, des associations et d’initiatives citoyennes qui apportent des solutions d’aide et un logement d’urgence, un accompagnement auprès des personnes en difficulté afin de soutenir vers l’accès ou le maintien du logement, des initiatives de sensibilisation permettant à chacun d’éveiller chacun aux problématiques rencontrées, de casser les préjugés et de permettre un engagement de la société civile vers plus d’inclusion.

Lutter contre le mal-logement peut également passer par favoriser les modes d’habitat alternatifs, tels que les coopératives d’habitants, l’habitat participatif, l’éco-habitat, l’habitat inclusif, le logement social, les colocations solidaires. Ces habitats peuvent être des alternatives à la fois durables, écologiques et solidaires pour répondre aux besoins de logement tout en limitant les coûts.

Les Petites Pierres : un acteur engagé dans la lutte contre le mal logement

Depuis plus de 10 ans, Les Petites Pierres agit concrètement contre le mal logement. Fonds de dotation et plateforme de crowdfunding, Les Petites Pierres soutient et accompagne des projets d’intérêt général agissant sur 5 axes qui aide les personnes mal logées :

En quelques chiffres, Les Petites Pierres a permis le financement de plus de 600 projets solidaires de lutte contre le mal logement, en reversant plus de 9 millions d’euros aux associations. En 2024, selon notre rapport d’impact, ce sont près de 4 400 personnes qui ont été accompagnées pour sortir de situation de grande précarité et de mal logement, grâce aux projets financés sur Les Petites Pierres.

Grâce au financement participatif et à l’engagement de chacun, nous pouvons ensemble démultiplier notre impact et construire un logement digne et durable pour toutes et tous.

Ensemble, construisons un habitat digne

Le mal logement n’est pas une fatalité. En soutenant des initiatives locales, en défendant le droit à un logement digne et durable pour tous, et en agissant à tous les niveaux, nous pouvons bâtir une société plus juste, plus solidaire et plus humaine.

Vous aussi, vous pouvez agir à nos côtés !

  • Faites un don à un projet sur Les Petites Pierres.
  • Partager les projets solidaires en cours de collecte autour de vous pour leur donner plus de visibilité.
  • Rejoignez nous en tant que partenaire si vous êtes une entreprise qui souhaite développer son engagement sociétal ou une fondation proche de notre cause.

Vous vous posez aussi ces questions :

Qu’est-ce qui constitue une situation de mal-logement ?

Le mal-logement constitue un ensemble de situations dans lesquelles une personne ne dispose pas d’un logement digne, sûr ou adapté à ses besoins. Il peut s’agir de l’absence de logement, d’un habitat insalubre, surpeuplé ou énergétiquement indécent.

Pourquoi le mal-logement touche-t-il aussi les jeunes ?

Les jeunes sont de plus en plus concernés par le mal-logement en raison de la précarité de l’emploi, du coût élevé des loyers et du manque de logements accessibles. Étudiants, jeunes actifs ou personnes en insertion peuvent se retrouver hébergés chez des tiers ou dans des logements inadaptés. Des initiatives comme les logements intergénérationnels se développent de plus en plus en plus et permettent de répondre aux besoins de deux populations particulièrement touchées par le mal-logement : les jeunes qui ont des difficultés à financer des logements décents et les personnes âgées qui se retrouvent parfois isolées et ont besoin d’aide dans certaines tâches du quotidien.

Quelles sont les principales réponses face au mal-logement ?

Les réponses au mal-logement reposent sur plusieurs leviers : l’hébergement d’urgence, la rénovation de logements, l’accès à un habitat durable et l’accompagnement social. Ces réponses mobilisent à la fois les associations, les collectivités et les citoyens.

Quels services accompagnent les personnes mal-logées ?

De nombreuses associations proposent des services essentiels : accompagnement social, aide à l’accès aux droits, rénovation de logements ou suivi des parcours résidentiels, afin de favoriser un accès durable à un logement digne et une meilleure insertion sociale.

Le mal-logement est-il le même sur tout le territoire ?

Les situations de mal-logement et leurs causes varient fortement selon le territoire. Dans les zones urbaines, la pression immobilière et le coût du logement font partie des causes principales de mal-l, tandis que dans d’autres zones, l’habitat dégradé ou mal isolé est plus fréquent.

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