Quitter son pays pour fuir la guerre, les persécutions ou les violences ne marque pas la fin des épreuves. Pour de nombreux réfugiés, l’arrivée en France s’accompagne d’une nouvelle difficulté majeure : accéder à un logement digne et stable. Pourtant, le logement est une étape clé de l’intégration. Il conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé et à une vie sociale normale.
Dans les faits, beaucoup de personnes réfugiées restent durablement confrontées au mal‑logement, une problématique qui ne se limite pas à l’absence de toit mais englobe des situations variées : hébergement temporaire prolongé, sur‑occupation, insalubrité ou instabilité résidentielle.
Ce phénomène s’inscrit dans une problématique plus large de mal‑logement en France, qui touche également d’autres publics vulnérables comme les ménages modestes, les personnes sans domicile ou encore les personnes confrontées à la précarité énergétique. Pour les réfugiés, ces difficultés sont souvent amplifiées par leur parcours d’exil et les obstacles spécifiques qu’ils rencontrent.
Les personnes concernées sont celles ayant obtenu une protection en France, notamment :
Contrairement aux idées reçues, les profils sont très variés :
Avant même d’accéder à un logement autonome, ces personnes doivent franchir un parcours administratif long et complexe. Entre la demande d’asile, l’instruction du dossier et l’obtention d’un statut, plusieurs mois voire années peuvent s’écouler. Pendant ce temps, elles restent souvent dépendantes de dispositifs d’hébergement temporaire.
Le lien entre réfugiés et mal‑logement ne relève pas de choix individuels, mais bien de blocages structurels.
Le marché locatif classique est souvent difficile d’accès pour les personnes réfugiées. Les propriétaires exigent généralement :
Or, les réfugiés arrivent sans ces éléments.
L’insertion professionnelle prend du temps. Les réfugiés doivent apprendre la langue, faire reconnaître leurs diplômes ou se former à de nouveaux métiers. Durant cette période, leurs ressources financières sont limitées.
La difficulté à comprendre les démarches administratives ou à accéder à l’information complique fortement la recherche de logement.
Les dispositifs d’accueil sont souvent saturés, ce qui entraîne un maintien prolongé dans des structures d’urgence initialement conçues pour des séjours courts.
Enfin, certains réfugiés peuvent être confrontés à des discriminations dans l’accès au logement, liées à leur origine, leur situation ou leur parcours.
Pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène réfugiés et mal‑logement, plusieurs chiffres et faits marquants permettent d’éclairer la situation en France.
Depuis 2017, près de 330 000 personnes ont obtenu une protection internationale ou subsidiaire. Ce volume souligne l’importance d’une politique d’intégration solide, dont l’accès au logement constitue un pilier essentiel.
Face à cet enjeu, des dispositifs spécifiques ont été mis en place. La Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) joue un rôle central en finançant :
Entre 2018 et fin 2025, les résultats montrent des avancées importantes :
Des mécanismes de rééquilibrage territorial ont également été déployés. Ainsi :
Ces dispositifs s’inscrivent dans une logique plus globale d’accompagnement, notamment avec le programme AGIR (Accompagnement global et individualisé des réfugiés), qui vise à coordonner les parcours vers l’emploi et le logement.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la France a accueilli plus de 100 000 personnes déplacées. Parmi elles :
Cette mobilisation exceptionnelle s’est appuyée sur une coopération entre l’État, les collectivités locales, les associations et les citoyens, notamment via des dispositifs d’hébergement citoyen.
Malgré ces avancées, les besoins restent considérables. Une grande partie des réfugiés continue de vivre :
Ces données montrent que, si des solutions existent et progressent, le passage vers un logement stable reste un défi majeur. Le mal‑logement demeure ainsi une réalité persistante pour de nombreux réfugiés, révélant les limites des dispositifs actuels face à l’ampleur des besoins.
Source : info.gouv.fr L’accès au logement des réfugiés
Le mal‑logement des réfugiés prend plusieurs formes, souvent cumulatives.
Les centres d’hébergement, censés être transitoires, deviennent parfois des solutions de long terme. Cela limite la stabilité nécessaire pour reconstruire une vie.
Les logements disponibles sont parfois situés loin des bassins d’emploi, des écoles ou des services essentiels, rendant l’intégration plus difficile.
Les changements fréquents de logement empêchent toute projection dans l’avenir et fragilisent les parcours.
Faute d’alternatives, certaines familles partagent des logements trop petits ou vivent dans des conditions dégradées (insalubrité, absence d’équipements, mauvaise isolation).
Les enfants réfugiés sont particulièrement impactés : difficulté à suivre une scolarité stable, manque d’espace pour vivre et étudier, stress lié à l’instabilité.
Le mal‑logement ne touche pas les réfugiés de manière uniforme. Certaines situations aggravent fortement les risques.
Comme pour les autres ménages à faibles revenus, les réfugiés subissent la pression du coût du logement et la rareté des logements accessibles.
Sans solution durable, certains réfugiés peuvent basculer vers des situations de sans‑abrisme, rejoignant ainsi les personnes déjà fortement touchées par l’exclusion.
Les femmes, notamment celles avec enfants, sont exposées à des vulnérabilités spécifiques : isolement, précarité de logement, économique, risques accrus de violences.
Les réfugiés en situation de handicap rencontrent des difficultés supplémentaires pour accéder à des logements adaptés.
Garantir un logement stable aux réfugiés n’est pas seulement une réponse à une urgence sociale, c’est aussi un investissement pour la société.
Un logement stable permet :
Au‑delà de l’hébergement d’urgence, il est essentiel de développer des logements adaptés, accessibles et pérennes, permettant aux réfugiés de construire leur autonomie.
Les associations jouent un rôle central dans cet accompagnement :
C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrivent les actions soutenues par Les Petites Pierres. En finançant des projets d’habitat solidaire et en accompagnant les acteurs de terrain, la plateforme contribue à offrir des solutions concrètes face au mal‑logement, notamment pour les publics les plus vulnérables comme les réfugiés.
En 2025, notre étude d’impact montrait que les projets soutenus par le Fonds abordent des problématiques de mal-logement aux causes multiples. Mais la principale cause traitée est la difficulté d’accéder à un logement lié au statut migratoire : 30,06 % des projets financés.
Le lien entre réfugiés et mal‑logement met en lumière une réalité souvent méconnue : après l’exil, l’accès à un logement digne reste un défi majeur. Cette situation n’est pas une fatalité individuelle, mais le reflet de systèmes insuffisamment adaptés.
Mieux comprendre ces enjeux, c’est aussi déconstruire les idées reçues et reconnaître l’importance de solutions durables. En agissant collectivement, institutions, associations, citoyens, il est possible de transformer ces parcours précaires en véritables trajectoires d’intégration.
Le logement est bien plus qu’un toit : c’est la clé d’une nouvelle vie.
LE VILLAGE DE FRANÇOIS-ABBAYE SAINTE MARIE DU DESERT
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