Le logement demeure un pilier central du quotidien des Français et un enjeu majeur de cohésion sociale. Les données les plus récentes publiées par le ministère de la Transition écologique, dans le Rapport du Compte du Logement 2024, permettent de dresser un portrait précis de la situation du parc immobilier, des dépenses des ménages et des dynamiques qui traversent le secteur.
Ces chiffres, arrêtés au 1ᵉʳ juillet 2024, témoignent d’un marché en forte mutation, influencé par la conjoncture économique, les tensions énergétiques et les besoins croissants de la population.
L’infographie présente une vision d’ensemble claire du logement en France en 2024. Elle met en avant le poids considérable de la dépense nationale, qui atteint 619 milliards d’euros, principalement portée par les dépenses courantes, loyers, énergie et charges, tandis que l’investissement recule. Le parc de logements, composé de 38,3 millions de logements ordinaires et d’un peu plus d’un million de places en hébergement collectif, reste dominé par les résidences principales. On y voit également la part importante du logement individuel et la place croissante des formes collectives, ainsi que la diversité des publics accueillis dans les structures d’hébergement spécialisées.
L’infographie souligne également le rôle central des aides au logement, qui représentent 43,1 milliards d’euros, majoritairement destinées aux ménages sous forme d’aides personnelles, mais aussi via des dispositifs fiscaux et des soutiens aux producteurs. Le secteur locatif social demeure le principal bénéficiaire.
Enfin, les prélèvements et taxes, qui s’élèvent à 99,2 milliards d’euros, montrent la forte contribution du logement aux finances publiques, entre taxe foncière, TVA et droits de mutation. L’ensemble met en lumière un secteur structurant pour l’économie, au croisement des besoins sociaux, des enjeux budgétaires et des politiques publiques.
Infographie « Le compte du logement 2024 : l’essentiel en infographie »
En janvier 2021, la France dénombrait 37,2 millions de logements ordinaires, parmi lesquelles 56 % étaient des logements individuels. Ces logements ordinaires sont répartis en 82 % de résidences principales, montrant une légère baisse, 10 % de résidences secondaires et 8 % de logements inoccupés. En parallèle, les logements non ordinaires (comme les logements adaptés aux personnes âgées (maisons de retraite), habitats inclusifs, les résidences étudiantes, etc.) hébergeaient environ 1,6 million de personnes en 2018. Le nombre de logements inoccupés reste préoccupant dans certaines zones rurales et urbaines, où les besoins en hébergement sont pourtant croissants.
Au 1ᵉʳ juillet 2024, la France compte 38,3 millions de logements ordinaires, un chiffre en hausse de 300 000 unités par rapport à l’année précédente. Cette progression modérée de +0,79 %, légèrement inférieure à celle de 2023, confirme le ralentissement structurel de la croissance du parc observé depuis le milieu des années 2000. La répartition reste stable : 82,5 % du parc correspond à des résidences principales, 9,8 % à des résidences secondaires et 7,7 % à des logements vacants.
La structure du parc illustre également une dynamique lente mais durable : la part des logements collectifs progresse, représentant désormais 45,5 % du total, tandis que les logements individuels restent majoritaires à 54,5 %. En parallèle, les locaux d’hébergement collectif (maisons de retraite, résidences étudiantes, foyers pour jeunes travailleurs ou structures sociales) hébergent 1,1 million de personnes, soit environ 1,6 % de la population. Leur capacité continue d’augmenter, portée notamment par le vieillissement démographique.
En 2021, 58 % des ménages étaient propriétaires de leur logement principal, tandis que 25 % étaient locataires dans le parc privé et 18 % dans le parc social. Les propriétaires résidants sont en général plus âgés et aisés, habitant dans des habitations de plus grande taille. Les locataires du secteur privé sont les plus enclins à la mobilité, alors que ceux du parc social sont plus modestes et majoritairement installés en milieu urbain. Il est aussi important de considérer le type de logement, qu’il s’agisse d’une maison, d’un appartement ou autre. Une partie importante de ces logements est louée par des bailleurs privés ou publics, selon les dispositifs en place.
En 2024, 57 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, une proportion relativement stable. Parmi eux, quatre sur dix remboursent encore un emprunt immobilier. Les locataires représentent 35,5 % des ménages, dont 14,9 % logent dans le parc social. Cette répartition illustre les tensions persistantes dans certaines zones où la demande locative est forte et où les loyers du marché privé restent élevés.
Les dépenses associées au logement varient fortement selon le statut d’occupation. Les propriétaires occupants consacrent en moyenne 14 800 € par an à leur logement, contre 11 500 € pour les locataires du secteur privé et 9 500 € pour les locataires du parc social. Ces écarts s’expliquent par la structure des dépenses : les loyers imputés constituent la majorité du coût pour les propriétaires, tandis que l’énergie et les charges pèsent proportionnellement davantage chez les locataires.
Alors que les problèmes liés à l’inconfort sanitaire disparaissent progressivement, les défis persistants liés à la précarité du logement en France demeurent : en 2013, 19 % des ménages signalent endurer le froid en hiver, 10 % vivent dans des espaces surpeuplés et 9 % des individus ont déjà été privés d’un logement digne et durable personnel. En réponse, le nombre de places disponibles pour le logement d’urgence et la réinsertion (154 000 en 2019) augmente de manière significative pour aider les personnes sans logement. Cette situation impacte fortement la qualité de vie des ménages concernés.
L’année 2024 reste marquée par un renchérissement significatif du coût de l’énergie. Les dépenses énergétiques des ménages atteignent 65,5 milliards d’euros, en hausse de 13,2 %, malgré une légère diminution des volumes consommés. Le prix de l’électricité bondit de 18,4 %, conséquence directe de la fin progressive des dispositifs de boucliers tarifaires appliqués en 2022 et 2023.
Ces hausses accentuent les difficultés rencontrées par les ménages les plus modestes, déjà confrontés à des arbitrages cruciaux entre chauffage, alimentation et soins. Les problématiques de précarité énergétique se maintiennent à un niveau préoccupant, même si les indicateurs ne permettent plus de comparer avec précision les données issues d’anciennes enquêtes (comme celles de 2013).
Les structures d’hébergement collectif jouent un rôle essentiel pour les publics fragiles :
y résident et bénéficient d’une prise en charge partielle de leurs dépenses de logement.
En 2017, la construction de 344 000 nouvelles habitations pour lutter contre le mal logement a eu lieu, tandis que près d’un million de logements anciens ont été cédés. De nombreux logements construits récemment sont à la location pour des ménages modestes. La multiplication par deux des prix de l’immobilier et des loyers, tant dans le secteur privé que social, sur une période d’environ vingt ans, a contribué à une augmentation de la part du budget familial consacrée au logement. En moyenne, cette part représentait 18,3 % en 2013, mais elle dépassait les 30 % pour le quart des foyers les moins aisés. Le taux d’effort des ménages pour se loger est donc en constante augmentation.
L’activité immobilière connaît en 2024 une contraction marquée de 10,5 %. Cette baisse est largement imputable au recul des transactions dans l’ancien, qui chutent à 845 000 ventes (-9,3 %), et à la diminution de la construction neuve (-12,8 %). Les prix suivent la même tendance : -4,1 % dans l’ancien et -0,7 % dans le neuf, confirmant un renversement de cycle après plusieurs années de hausse.
La production de logements neufs, évaluée à 312 000 unités, recule fortement (-16,6 %), avec un effondrement particulièrement marqué dans l’individuel pur (-28,1 %). La hausse des taux d’intérêt, bien qu’en léger repli en fin d’année à 3,2 % en moyenne, freine encore fortement la demande des ménages et la capacité d’investissement. Dans ce contexte, l’investissement global en logement diminue de 6,9 %, atteignant 153,8 milliards d’euros. Seuls les gros travaux d’amélioration progressent légèrement (+2,3 %), soutenus par les besoins de rénovation énergétique, même si les aides publiques, notamment MaPrimeRénov’, ont été recentrées.
En 2018, 8 % du territoire français a été transformé en zones artificielles, dont un peu plus de la moitié (53 %) est dédiée à des fins résidentielles primaires ou bien des lieux de résidence secondaire, situées en zones touristiques ou littorales. Environ 66 % de l’énergie utilisée dans les habitats est consacrée au chauffage, avec une réduction de l’utilisation de produits pétroliers. L’activité de construction engendre une demande croissante en granulats, tandis que la démolition de bâtiments produit en moyenne 167 tonnes de déchets par chantier en 2014. La vacance des logements dans certaines zones urbaines reste également une problématique à surveiller.
Retrouvez l’intégralité de ces données plus détaillées : Chiffres clés du logement Édition annuelle 2022.
Selon le 28e rapport sur l’état du mal-logement en France 2023, l’année 2022 a été caractérisée par une augmentation des prix sans précédent depuis trois décennies. Malgré cet accroissement, la facture logement est tout de même alourdie par des dépenses liées à la précarité énergétique, devenues insoutenables pour de nombreux ménages modestes vivant dans des logements sociaux qui peuvent être considéré comme logement insalubre et qui doivent régulièrement choisir entre se chauffer, manger et se soigner convenablement, payer leur loyer.
Pour mieux accéder à un logement digne, des solutions d’assurances et de services d’accompagnements sont proposés.
Source : 28e rapport sur l’état du mal-logement en France 2023
Téléchargez l’intégralité du rapport.
La Fondation pour le logement des Défavorisés a publié son 31e rapport sur l’état du mal-logement en France (REML 2026).
En 2024, les aides au logement représentent 43,1 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB, en recul de 1,1 % par rapport à 2023. Cette baisse est principalement due à la fin des chèques énergie exceptionnels et au recul des aides liées au dispositif MaPrimeRénov’. Les prestations sociales restent la principale composante (45,5 %), suivies des avantages fiscaux (36,8 %).
Les bénéficiaires des aides personnelles au logement sont toujours nombreux : 2,43 millions pour l’APL, 2,06 millions pour l’ALS et 839 000 pour l’ALF.
Malgré ce léger recul, les aides demeurent un levier essentiel pour faciliter l’accès au logement, notamment pour les ménages modestes, les jeunes, les familles monoparentales ou les personnes hébergées en structures spécialisées.
Si vous cherchez à financer un projet , la plateforme est ouverte aux associations, fonds de dotation et fondations.
Vous n'avez pas encore de compte donateur ? Inscrivez vous !