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Evolution des ménages en situation de précarité énergétique en France

Evolution des ménages en situation de précarité énergétique en France

La précarité énergétique en France

La précarité énergétique désigne la difficulté pour un ménage à satisfaire ses besoins élémentaires en énergie dans son logement, en raison de ressources financières insuffisantes ou de conditions d’habitat inadaptées. Cette définition, inscrite dans la loi Grenelle II de 2010, est aujourd’hui au cœur des politiques sociales et environnementales. Ces difficultés se font aussi ressentir face l’augmentation et au déreglement des températures et aux nouveaux enjeux liés à la précarité énergétique d’été, particulièrement visibles lors des épisodes de canicule et de forte chaleur.

Trois indicateurs principaux permettent de mesurer ce phénomène :

  • Le taux d’effort énergétique (TEE_3D) : un ménage est considéré en précarité énergétique si ses dépenses énergétiques dépassent 8 % de son revenu disponible et qu’il appartient aux 30 % les plus modestes.
  • La déclaration de froid : elle reflète le ressenti des ménages ayant souffert du froid pour des raisons liées à la précarité énergétique (mauvaise isolation, panne de chauffage, coût trop élevé…).
  • L’indicateur des bas revenus et dépenses élevées (BRDE) : il croise les faibles revenus et les dépenses énergétiques rapportées à la surface du logement.

Avec l’évolution du climat et la montée des vagues de chaleur, une nouvelle forme de vulnérabilité apparaît : l’incapacité à rafraîchir son logement, particulièrement dans les quartiers populaires, où les bâtiments sont souvent peu adaptés.  C’est l’un des marqueurs majeurs de la précarité énergétique d’été, ces batiments sont parfois assimilés à de véritables passoires énergétique en été.

Source : Données de l’ONPE (Observatoire nationale de la précarité énergétique).

Profil des ménages concernés

En 2022, environ 3,2 millions de ménages étaient en situation de précarité énergétique selon le TEE_3D. Les ménages les plus touchés sont souvent :

  • Les personnes seules âgées de plus de 60 ans.
  • Les habitants des zones rurales, où les logements sont plus grands, souvent mal isolés et chauffés au fioul; parfois éloignés des solutions d’accompagnement.
  • Les jeunes adultes (18-34 ans), dont 53 % déclarent avoir des difficultés à payer leurs factures.

L’évolution des ménages en précarité montre également un impact grandissant des périodes chaudes : dans certains territoires urbains, la précarité énergétique d’été devient aussi préoccupante que celle liée au froid.

Facteurs déterminants de la précarité énergétique

Revenus et catégorie socio-économique

La précarité énergétique touche principalement les ménages aux revenus modestes, qui consacrent une part disproportionnée de leur budget à l’énergie. En moyenne, les foyers précaires dépensent 2,5 fois plus que les plus aisés pour se chauffer.

Conditions du logement

Les logements concernés sont souvent :

  • Mal isolés (étiquettes F ou G du DPE).
  • Équipés de systèmes de chauffage vétustes ou inefficaces.
  • Situés dans des villes et zones où les travaux de rénovations sont rares.
  • Dépourvus de protections solaires, de volets performants ou de dispositifs assurant un renouvellement d’air adapté.

En 2023, 30 % des Français ont souffert du froid dans leur logement, principalement pour des raisons financières (41 %), de mauvaise isolation (32 %) ou de panne de chauffage (13 %) souvent dans des quartiers populaires urbains. L’évolution des ménages en précarité montre aussi une difficulté croissante à faire face aux hausses de températures

L’évolution de la précarité énergétique en France

Tendances de 2015 à 2024

Depuis 2015, le taux de précarité énergétique en France, mesuré par le taux d’effort énergétique (TEE_3D), oscille entre 10 % et 12 %. En 2023, 10,1 % des ménages étaient en situation de précarité énergétique, selon cet indicateur brut, soit environ 3,1 millions de foyers. Corrigé des effets météorologiques, ce taux s’élève à 10,8 %, ce qui représente 3,2 millions de ménages.

En 2024, les chiffres restent stables : 10,8 % de la population est toujours concernée par la précarité énergétique, malgré les dispositifs d’aide mis en place. Cette stabilité apparente masque une réalité plus complexe : de nombreux ménages réduisent volontairement leur consommation pour ne pas dépasser le seuil de 8 %, ce qui biaise les indicateurs. L’aggravation de la précarité énergétique d’été, un phénomène désormais bien identifié dans l’évolution des ménages en précarité.

Par ailleurs, 30 % des Français ont déclaré avoir souffert du froid dans leur logement durant l’hiver 2023-2024, soit le double par rapport à 2020. Parmi eux, 41 % ont restreint leur chauffage pour des raisons financières ce qui à frotement restreints leurs conforts.

En ce qui concerne la consommation énergétique des logements, elle continue de baisser. Entre 2013 et 2022, elle est passée de 190 à 161 kWh/m², soit une réduction de 15 %. En 2023, la consommation moyenne d’énergie par logement a encore diminué de 2,7 %, une baisse attribuée à la crise énergétique, aux prix élevés et aux efforts de sobriété. Autrement dit, le niveau global de consommation d’énergie a été réduit, mais les contraintes financières des ménages ont augmenté au fil des années.

Graphique qui représente le montant et la nature des dépenses énergétiques des ménages (en € constants TTC par ménage)

Impact des politiques publiques

Les dispositifs publics ont joué un rôle crucial :

  • Chèque énergie : distribué à plus de 5,8 millions de ménages en 2022.
  • Bouclier tarifaire : a limité la hausse des prix du gaz et de l’électricité.
  • MaPrimeRénov’ : a permis à des milliers de foyers de réaliser une rénovation énergétique de leur logement.

Malgré ces aides, plus d’un million de ménages ont subi une intervention de leur fournisseur d’énergie en 2023 à cause d’impayés.

Effets des crises

Les crises successives (sanitaire, énergétique, inflation) ont aggravé la situation :

  • Hausse des prix de l’énergie.
  • Augmentation des impayés.
  • Restriction du chauffage par 82 % des ménages en 2024.

Ces effets sont visibles en cours d’année, notamment en hiver où la précarité se fait plus durement ressentir. Plusieurs études récentes montrent aussi que les épisodes de canicule touchent davantage les ménages pauvres faute de solutions de rafraîchissement adaptées ou de végétalisation dans leur environnement.

Agir contre la précarité énergétique

Le rôle des associations et de Les Petites Pierres

La plateforme Les Petites Pierres soutenue par des fondations et entreprises partenaires, soutient des projets d’habitat solidaire pour combattre la précarité énergétique et qui visent à :

  • Rénover thermiquement les logements : isolation des combles, remplacement des fenêtres, installation de systèmes de chauffage plus performants, volets et protections solaires, etc.
  • Construire des habitats éco-conçus : matériaux biosourcés, techniques passives.
  • Développer des habitats alternatifs : tiny houses, maisons modulaires.

Ces projets ont un impact social et environnemental fort :

  • Réduction des factures d’énergie.
  • Amélioration de la santé des occupants.
  • Insertion professionnelle via des chantiers participatifs.
  • Renforcement du lien social.

Les Petites Pierres propose un financement participatif solidaire, où chaque don est doublé, jusqu’à l’atteinte de l’objectif du projet. Cela permet aux associations de concrétiser leurs projets solidaires et d’agir efficacement contre la précarité énergétique, en complément des services publics et des dispositifs nationaux.

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