Chaque été, des vagues de chaleur intenses concernent de nombreuses régions, mettant en lumière une réalité souvent méconnue : la précarité énergétique estivale. Alors que l’on pense souvent à la difficulté de se chauffer en hiver et des passoires thermiques, on parle beaucoup moins des difficultés croissantes à faire face aux fortes chaleurs. Cette forme émergente de précarité énergétique soulève des enjeux majeurs de santé, de confort et d’inégalités sociales.
De nos jours, les actualités mettent en lumière une nouvelle réalité alarmante : les températures dépassent régulièrement les normales de saison, rendant certaines zones urbaines quasiment invivables en période de canicule.
La précarité énergétique d’été désigne la difficulté, voire l’impossibilité pour certains ménages de maintenir leur logement à une température supportable durant les mois chauds, notamment pendant les canicules. Elle est moins connue que la précarité énergétique d’hiver, mais tout aussi importante. Alors qu’en hiver, le froid et l’incapacité de se chauffer sont les problèmes majeurs des personnes en situation de précarité énergétique, en été, c’est l’inverse, l’enjeu est de lutter contre la chaleur et l’impossibilité de garder une température vivable.
Les études climatiques sont unanimes : les épisodes de chaleur extrême vont continuer à s’intensifier dans le futur. Ce phénomène contribue à rendre l’air de plus en plus irrespirable, notamment en milieu urbain, aggravant les risques sanitaires pour les populations les plus vulnérables.
Le changement climatique est le facteur principal d’intensification de la précarité énergétique d’été. Les vagues de chaleur se multiplient, deviennent de plus en plus longues, précoces et fortes en intensité. En effet, le changement climatique, en partie dû à l’augmentation des gaz à effet de serre, entraîne une hausse des températures. De plus, le phénomène de nuits tropicales s’est installé dans de nombreuses villes : les températures ne descendent pas en dessous des 20°C la nuit.
880 000 personnes de 75 ans ou plus vivent dans des territoires qui connaîtront des augmentations de températures considérables.
Lors des vagues de chaleur ou des périodes de forte chaleur comme les canicules, 85% des décès surviennent chez les plus de 75 ans.
La température moyenne mondiale est en hausse. En 2024, en France hexagonale et en Corse, la température moyenne est de 13,9°C.
55% de la population française a souffert de la chaleur dans leur logement pendant au moins 24 heures en 2023. D’ici à 2050, un Français sur 7 habitera un lieu qui connaîtra plus de 20 journées anormalement chaudes chaque été. Les régions les plus touchées sont l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté, auxquelles s’ajoutent les grandes villes.
Chiffres de La Fondation pour le Logement des Défavorisés :
Image : Météo-France
Le nombre de personnes touchées par la précarité énergétique ne cesse d’augmenter chaque année. Ce sont principalement des ménages vivant dans des logements inadaptés aux fortes chaleurs estivales. Ces habitations, qui emmagasinent la chaleur sont appelés des bouilloires thermiques : en effet, en période de canicule, il y fait souvent plus chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur. On parle de logement indigne.
La bouilloire thermique peut aussi bien être à la fois une passoire thermique en hiver (mal isolée, difficile à chauffer) ou au contraire un logement bien isolé pour l’hiver, mais incapable d’évacuer la chaleur en été. Dans les deux cas, les habitants souffrent d’inconfort.
Les populations les plus exposées à ce phénomène sont les personnes âgées, à la fois plus fragiles face à la chaleur et souvent dépourvues des ressources nécessaires pour entreprendre des travaux de rénovation thermique et d’isolation.
Les résidents des villes et plus particulièrement les populations précaires urbaines sont aussi extrêmement touchées, en 2022, 54% des jeunes de 18-24 ans déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement.
Les périodes de canicule entraînent une hausse des risques sanitaires. La déshydratation et les coups de chaleur représentent les principales menaces pour les personnes résidant dans des bâtiments mal adaptés aux fortes chaleurs. On parle d’inconfort thermique estival lorsque la température du logement atteint au moins 30 °C en journée et 28 °C la nuit, sur une durée supérieure à 25 jours par an. L’air devient alors irrespirable. Ce manque de confort peut engendrer diverses conséquences sur la santé : troubles du sommeil liés à la chaleur, aggravation de maladies cardiovasculaires, problèmes de circulation sanguine, perte d’autonomie chez les personnes âgées, voire décès.
Même si nous souffrons tous de la chaleur en été, d’autres souffrent plus que d’autres, en raison de l’isolation de leur logement, de l’absence de ventilation ou de climatisation. Les populations les plus vulnérables sont celles qui disposent de peu de moyens pour se protéger : les personnes âgées, les enfants en bas âge, les personnes en situation de handicap ou souffrant de maladie chronique. Ces risques sont aggravés lorsqu’ils vivent dans des logements mal isolés, sans ventilation ni climatisation, souvent situés dans des quartiers populaires, défavorisés ou dans des centres urbains, là où la végétalisation est absente.
Le niveau de revenu influence la capacité à lutter contre les vagues de chaleur. Les solutions de rafraîchissement ont un certain coût pour les personnes en situation de précarité énergétique, en particulier lorsqu’elles vivent dans des logements qui restent de véritables passoires thermiques en hiver.
Certaines habitations ne sont adaptées à résister ni au froid, ni à la chaleur. En ce qui concerne la chaleur, il existe des bonnes pratiques :
Installer des protections solaires sur ces fenêtres permet de faire baisser la température intérieure. Ces protections absorbent la chaleur du soleil et l’empêchent d’entrer directement dans le logement. Il existe différents types de protections solaires pour votre logement :
La rénovation thermique et l’isolation des logements sont des solutions fondamentales pour lutter durablement contre la précarité énergétique, qu’elle soit hivernale ou estivale. Des murs, toitures, sols et fenêtres correctement isolées permettent de maintenir une température stable, limitant les pertes de chaleur en été et réduisant a surchauffe en été.
Cependant, réaliser des travaux d’isolation ou de rénovation énergétique reste difficiles pour de nombreux ménages modestes. Il existe des aides publiques pour aider les ménages en difficultés financières.
La végétalisation des espaces urbains constitue une réponse efficace aux îlots de chaleur urbains (ICU), qui aggravent la précarité énergétique en été. En intégrant davantage d’arbres, de toitures et façades végétalisées ou encore des jardins partagés, la ville bénéficie d’une baisse des températures locales grâce à l’ombrage et à l’évapotranspiration.
Vous pouvez agir concrètement pour réduire la précarité énergétique estivale en soutenant des projets de rénovation thermique via la plateforme de crowdfunding Les Petites Pierres. Grâce à vos dons, des associations peuvent financer des travaux d’isolation et d’amélioration énergétique. Chaque don, même modeste, participe à la lutte contre le mal-logement.
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