Selon le 11ᵉ Regard sur le mal-logement en Europe publié en septembre 2026 par la Fondation pour le Logement et la FEANTSA, la crise du logement continue de s’aggraver dans la plupart des pays européens. Cette nouvelle édition met en lumière une réalité encore trop peu visible : l’augmentation du mal-logement et du sans-abrisme chez les personnes âgées.
Alors que l’accès à un logement digne constitue un droit fondamental, des millions d’Européens sont confrontés à des difficultés croissantes pour se loger correctement. Hausse des loyers, pénurie de logements abordables, précarité énergétique, vieillissement du parc immobilier ou encore saturation des dispositifs d’hébergement : les causes sont multiples et leurs conséquences touchent désormais toutes les générations.
Le constat dressé par le rapport est alarmant. La FEANTSA estime aujourd’hui à 1,4 million le nombre de personnes vivant à la rue, hébergées dans des structures d’urgence ou accompagnées par des dispositifs dédiés aux personnes sans domicile en Europe. Cette estimation confirme une tendance observée depuis plusieurs années : le sans-abrisme progresse dans la majorité des pays européens.
Les exemples nationaux illustrent l’ampleur du phénomène. En Irlande, le nombre de personnes sans domicile est passé de 3 738 en 2014 à plus de 16 000 en 2026. Au Portugal, la hausse atteint 228 % entre 2017 et 2024. Dans de nombreux territoires, les structures d’hébergement d’urgence fonctionnent à pleine capacité et les listes d’attente ne cessent de s’allonger.
Au-delà des chiffres, la crise révèle un problème plus profond : l’insuffisance de logements accessibles financièrement. Les ménages modestes consacrent une part croissante de leurs revenus à leur logement, réduisant leur capacité à faire face aux autres dépenses essentielles comme l’alimentation, la santé ou l’énergie.
Cette année, le rapport consacre une attention particulière aux seniors confrontés à l’exclusion liée au logement. Le vieillissement démographique européen est une réalité bien connue : la part des personnes âgées de 65 ans et plus est passée de 15,8 % à 22 % de la population européenne entre 2001 et 2025. Pourtant, leurs difficultés de logement restent encore largement sous-documentées.
L’image du retraité propriétaire de son logement ne reflète pas l’ensemble de la réalité sociale. Un nombre croissant de personnes avancent en âge dans des logements dégradés, inadaptés à la perte d’autonomie ou devenus trop coûteux à entretenir. D’autres sont confrontées à des risques d’expulsion, à l’isolement ou à la précarité énergétique. Certaines se retrouvent même sans domicile.
Le rapport estime qu’au moins 170 000 personnes âgées vivent aujourd’hui une situation de sans-abrisme en Europe. Un chiffre qui pourrait être sous-évalué, tant cette population demeure souvent invisible dans les statistiques et les politiques publiques.
Face à l’augmentation du mal-logement, les institutions européennes commencent à renforcer leur mobilisation. Le rapport souligne notamment les initiatives récentes visant à faire de la lutte contre le sans-abrisme une priorité européenne, à travers plusieurs engagements politiques en faveur du logement abordable et de la lutte contre la pauvreté.
Cependant, les auteurs alertent également sur les risques liés à la saturation des dispositifs existants. Dans plusieurs pays, les services d’urgence peinent à répondre à la demande et certaines collectivités sont contraintes de restreindre l’accès à certaines aides ou structures d’accompagnement. Cette logique de rationnement peut avoir des conséquences particulièrement lourdes pour les personnes les plus vulnérables.
Plus largement, les acteurs du secteur appellent à développer davantage de logements sociaux, à renforcer la prévention des expulsions et à favoriser l’accès à un habitat adapté aux besoins des personnes âgées.
Le mal-logement n’est pas uniquement une question de logement. Il agit sur la santé, l’emploi, l’éducation, le maintien du lien social et la dignité des personnes. Vivre dans un logement insalubre, trop petit, mal chauffé ou menacé d’expulsion fragilise durablement les parcours de vie.
Cette situation nous rappelle également l’importance du tissu associatif qui agit chaque jour pour accompagner les personnes les plus fragiles. Partout en Europe, des associations développent des solutions concrètes : rénovation de logements, hébergement temporaire, accompagnement social, prévention des expulsions ou encore aide à l’accès aux droits.
Chez Les Petites Pierres, nous sommes convaincus qu’un logement digne est un préalable indispensable à l’inclusion sociale. Chaque année, la plateforme accompagne des associations qui développent des projets innovants pour améliorer les conditions de logement des personnes en situation de précarité.
Le 11ᵉ Regard sur le mal-logement en Europe rappelle l’urgence d’agir collectivement. Derrière les statistiques se trouvent des femmes, des hommes, des familles et de plus en plus de personnes âgées confrontées à des difficultés de logement. Soutenir les initiatives associatives, sensibiliser le grand public et financer des solutions concrètes constituent autant de leviers pour faire reculer le mal-logement et construire une société plus solidaire.
Sources : 11ᵉ regard sur le mal-logement en Europe ; rapport 2026 de la Fondation pour le Logement et de la FEANTSA.
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